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 (libre) « Les fils ne savent pas que leurs mères sont mortelles. »

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Ciara-June H. O'Kelly

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MessageSujet: (libre) « Les fils ne savent pas que leurs mères sont mortelles. »   Sam 30 Avr - 22:43

Tout était différent. Tout. L'herbe, les fleurs, les arbres, l'air, les maisons, la langue, les gens, les regards. Elle ne se sentait pas à l'aise, absolument pas à l'aise. Il lui fallait les plaines du Connemara. Il lui fallait le chant du gaélique. Il lui fallait son appartement, son père. Son université à Londres. L'institution, même l'institution, l'institution et Heathcliff. L'Irlande. Elle voulait l'Irlande. Pas cet Illinois. Surtout pas cet Illinois. Oh, miracle ! Cette première journée de cours avait débuté par de la musique. Deux petites heures de musique. Deux minuscules heures de musique. Deux infimes heures de musique. Comment allait-elle pouvoir vivre ?
C'était peu, c'était trop peu.


Elle marchait, errait. Tentant d'apprivoiser les couloirs de Riverdale Camp. En découvrir les aspérités, les fissures, les défauts. Marchant seulement sur certains carreaux. Sautillant comme une enfant pour ne pas toucher le « mauvais », celui sur lequel il ne fallait pas poser le pied, mais bien arriver sur le « bon ». Ses doigts avaient besoin de jouer de la harpe. Elle devait laisser tinter ses ongles contre les cordes et en faire ressortir la mélodie légère et cliquetante de l'instrument. Mais rien. Rien de tout cela n'était possible. Un an. Comme c'était alors long, un an. Comment voulez-vous faire, pour vivre un an ici ?
Un an dans un Enfer. Un Enfer gris et froid. Grouillant d'automates. Des hommes et des femmes qui marchaient le dos droits, le cœur vidé de toute émotion, les oreilles à l'affût du moindre ordre, les jambes et les bras prêts à chaque seconde pour exécuter ce que les oreilles entendaient. Elle ne voulait pas. Elle ne voulait vraiment pas devenir espionne. Ce n'était pas fait pour elle. Vraiment pas pour elle. Il lui fallait pouvoir être libre de faire ce qu'elle voulait. Et non pas à la merci de l'ombre d'un homme à la voix rauque. Même s'il disposait d'un effroyable charisme. Surtout s'il disposait d'un effroyable charisme.


Elle marchait, errait, Ciara-June. Comme en recherche de son Irlande, de quelque chose pouvant la lui rappeler, d'une brindille qui aurait pu être ici comme au Connemara. En vérité elle se faisait fantôme désespéré dans ces couloirs vides, car elle arpentait le bâtiment des cours. Elle ne savait pas s'il y avait le droit. Et elle ne s'en préoccupait pas. Elle avait besoin d'être seule quelques instants. C'était le seul endroit esseulé qu'elle avait trouvé jusque là. Tous les autres étaient au réfectoire, au foyer, dans leurs chambres… Elle n'avait pas besoin de cela. Seule. Elle devait être seule.
Les faibles lumières diffusaient son ombre sur le sol. La jeune Irlandaise avançait, le regard veule, l'air hagard, son éternelle alacrité évaporée quelques instants, pour laisser place à une amertume tardive. Ses pas résonnaient dans les corridors vides. Dans son ombre, voletait le tissu vaporeux de sa jupe blanche, qui recouvrait ses genoux. Une chemise blanche, aux manches un peu évasée, accentuait l'impression de silhouette éthérée sur le sol, tandis qu'un serre-taille en satin vert empire, aux broderies de velours de même couleur, quoiqu'un peu plus sombre, cintrait sa taille. Ses chaussures, des Doc's Martens d'un vert vif et plus sombre que clair, cassaient le ton victorien de sa tenue.
Pour la tenue non plus, elle ne savait pas si on pouvait s'habiller comme on le pouvait. Pour le moment, on ne lui avait fait aucune réflexion. Et heureusement. Elle n'aurait pas apprécié devoir porter ce qui n'était pas de son goût. Elle aimait, pour tout, faire comme il lui plaisait, lorsque cela concernait sa propre personne. Ses ongles vernis de la même couleur que ses chaussures n'avaient pas dû être décolorés. Mais peut-être était-ce seulement pour aujourd'hui. Si jamais elle n'y avait pas le droit, à tout cela, c'en était fini : elle serait contre cette école, assurément, définitivement. Qui pouvait se permettre d'imposer une règle de conduite à tout un chacun ? C'était insupportable. C'était une idée qui l'insupportait. Elle savait qu'il fallait des règles. Elle n'était pas contre. Mais des règles dictant comment penser. Et dicter la façon de se vêtir était dicter la façon de penser. Car c'était là le début. Commencer par la manipulation physique permettait d'amener plus en douceur la manipulation mentale.
Elle détestait se faire manipuler. Et Riverdale Camp avait déjà commencé.


Il était vingt heures trente à présent. Ciara-June n'était pas allée manger. Et la pianiste ne ressentait aucune faim. Les jambes croisées, elle était assise sur l'herbe. Sur ses genoux, elle avait un calepin. La jeune fille écrivait. L'écriture était son échappatoire quand elle ne pouvait jouer de la musique. Au lieu de pleurer, elle couchait des mots sur du papier. Ou bien en jetait.
Face à elle, le lac scintillait aux rayons de l'astre d'argent. Le ciel s'était assombri, on voyait y briller quelques étoiles. Heather sourit. Un sourire un peu faible, parce que son âme se tordait. Pourtant, c'était une jeune fille d'ordinaire enjouée. Elle n'avait pas un caractère de feu, mais il semblait qu'une flamme oscillait en elle. Ses mains formaient des lettres par le stylo-plume. Ce n'était pas une histoire. C'était une lettre. Dans la fraîcheur et la solitude du soir, elle avait eu besoin, soudainement. C'était absurde, mais elle avait ressenti ce besoin. De lui écrire. C'était absurde. Absurde, non ? Ce besoin. Tout à coup, subitement. Comme lorsqu'elle avait envie de jouer telle ou telle musique. Ce besoin l'avait pris exactement de la même façon. Or, il ne s'agissait pas de musique. Il ne s'agissait pas non plus d'histoire. Il s'agissait d'une lettre, d'une lettre à un fils, d'une lettre à son fils. Et ses doigts tremblaient un peu en écrivant, parce qu'elle se sentait un peu ridicule, et puis qu'elle avait un petit peu honte. Peut-être aussi était-ce à cause du froid. Mais elle ne frissonnait pas. Elle tremblait, ses doigts tremblaient. Sous le poids des mots, ils ployaient.
Elle ne s'en était pas rendue compte, à cause du tremblement. Mais elle avait pleuré. Ce qui était plus absurde encore que ce besoin. Et elle s'en voulait. Elle s'en voulait également de s'en vouloir. Une mère devait-elle avoir des remords à l'idée que son fils lui manque ? Mais une jeune fille de vingt ans devait-elle être mère ?
Parfois, elle l'aimait. Parfois, elle ne voulait pas de son existence. Comme la mer qui allait et repartait, c'était un climat houleux qui s'agitait dans son esprit. Un cercle vicieux qui recommençait encore et encore, telles les vagues de l'océan. Elle lui disait mon ange, et puis elle ne le regardait plus. Elle voulait l'enlacer, et ensuite elle le rejetait. Jamais face à lui. Non, jamais. Il n'avait pas à souffrir de ses humeurs. Et elle était toujours douce avec lui. D'une patience étonnante. Et amoureuse, aussi. Son cœur avait de l'amour pour lui. Mais quand elle s'en allait, quand quelques semaines passaient, il lui prenait parfois une rage. Comme une rage. Parce qu'elle ne se mettait jamais en colère. C'était une rage sourde, et ça faisait plus mal encore. Son corps grondait, mais grondait uniquement de l'intérieur. Il bouillonnait, bouillonnait comme l'eau, comme l'eau. Il n'y avait pas de feu. Juste une flamme qui faisait bouillir toute l'eau. Toute la mer qu'était Heather. Et toute la mère, peut-être, aussi.
Elle avait pleuré en écrivant la lettre, parce que ce n'était pas une histoire qu'elle écrivait, c'était une vérité. Un besoin qui se déposait peu à peu sur le papier, qui disait à cet enfant tout l'amour qu'elle avait en elle pour lui, qui le lui disait et le lui transmettait, par les mots, l'encre, la plume, le papier, sur ce calepin, en face du lac devenu argenté, sous la voûte céleste qui recouvrait l'Illinois. Elle cessa d'écrire et sécha ses larmes. Elle ne devait pas pleurer. Si elle pleurait maintenant, qu'en serait-il dans deux mois ? Heahtcliff lui manquait-il vraiment, alors ? Était-il possible ? Peut-être, après tout, peut-être. Même si aujourd'hui elle aurait préféré ne pas penser à lui. Même si aujourd'hui elle reculait. Mais elle avancerait, de nouveau. Les vagues vont et viennent toujours. Elle ira, elle aussi. Ira vers ce fils et l'aimera, sera consciente de son amour et voudra l'aimer. Et ne commençait-elle pas, par cette lettre, à revenir ?
Espionne. Elle allait être formée pour être espionne. Et la seule chose dont elle avait envie était d'écrire à ce fils, qui était sien. Combien étaient en ce moment dans leurs chambres à échanger leurs points de vue sur Riverdale ? À méditer sur leur position ? Et elle, à écrire cette lettre. Mais c'était peut-être parce qu'elle savait déjà et qu'elle en était convaincue : qu'elle ne voulait pas, non, absolument pas devenir espionne, surtout pas pour les Etats-Unis. Mettre sa vie en danger à chaque seconde ? Et qu'adviendrait-il d'Heathcliff, si elle venait à mourir ? Ils y avaient pensé, à ça, les agents, en retournant toute sa vie ? Non, non, NON ! Pas une seule seconde. La seule chose qui avait compté à leurs yeux était que pour x ou y raison, elle était une bonne recrue pour leur fichue école ! Mais elle voulait faire de la musique ! De la musique ! Ils comprenaient, cela ? Ils le comprenaient ? Que ses doigts avaient besoin de courir sur un piano, de cliqueter contre les cordes, de soulever et abaisser un archet, de gratter une guitare ! De couvrir les trous d'une flûte, de faire bouger un harmonica ! Que ses doigts avaient besoin de créer de la musique ! Une musique qui pourrait emporter les gens ailleurs, qui pourrait les prendre et les emmener avec elle, dans un autre monde le temps de quelques mesures. Ils soupesaient combien elle vivait pour et par la musique ? Combien il n'y avait jamais eu que la musique dans sa vie ? Petite, quand elle était dehors avec son père, son plaisir, le soir, c'était d'être auprès de lui et d'apprendre, de s'appliquer à apprendre ce qu'il lui enseignait, parce que c'était éphémère et que ce serait son seul jeu avant de retrouver, le matin, le froid des rues. Mais les fourbes, les fourbes n'avaient pas tenu compte de cela, ils savaient tout de sa vie, mais ils n'avaient pas fait attention à cela, ils se fichaient de ce que les gens pouvaient ressentir ! Des ambitions de chacun ! Ils les voulaient, tous ! Ceux qui étaient pour devenir espions et ceux qui étaient contre ! Insensibles automates, voilà ce qu'ils étaient, eux ! Elle ne pouvait se résoudre à accepter de devenir un tel robot !
L'adolescente reposa ses yeux sur sa lettre. Elle écrivit deux lignes encore. Et puis elle signa. La plia, soigneusement, avec application et calme, pour calmer l'eau qui en elle se mouvait et éviter qu'elle ne bouillonne, puis la rangea avec le calepin dans le sac en bandoulière, de cuir foncé, qu'elle avait avec elle, posé à sa gauche.
Elle se redressa et se mit à genoux face au lac, puis se pencha pour laisser ses mains sentir le contact froid du liquide incolore. Elle les retira et s'assit de nouveau. Il faisait frais, c'était agréable. Elle aurait aimé dormir ici. Mais il ne faisait pas de doute, elle devrait sûrement retourner dans sa chambre. Par chance, ses colocataires semblaient sympathiques.
Ciara-June soupira et ferma les yeux. Ainsi, elle sentait mieux la brise la caresser. L'Irlandaise se laissait aller à la Nature. Ce fut de cette façon qu'elle perçut, provenant de derrière elle, des bruissements sur l'herbe, comme des pas. Elle ne se retourna pas, garda ses yeux fermés. Respirant, calme. Ses cheveux roux qui voletaient légèrement. Riverdale Camp était comme paisible. Mais tout cela n'était qu'un leurre, n'est-ce pas ?


Dernière édition par Ciara-June H. O'Kelly le Mer 4 Mai - 13:16, édité 1 fois
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Raven
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MessageSujet: Re: (libre) « Les fils ne savent pas que leurs mères sont mortelles. »   Dim 1 Mai - 17:54

Raven avait quitté le réfectoire quelques minutes à peine après s'être servie. Son plateau, plein, elle l'avait reposé sans y toucher. Elle n'avait pas faim. Pas faim du tout. Alors elle avait reposé son plateau et elle était sortie. Sortie prendre l'air, parce que l'atmosphère à l'intérieure était insupportable. Etouffante. Etouffante était le mot. En trois jours, deux groupes s'étaient formés déjà: ceux qui avaient acceptés le fait qu'ils allaient être formés à devenir des espions, et ceux qui ne l'avaient pas.
Deux camps.
Ou trois, peut-être.
Après tout, elle ne comptait pas devenir une espionne, elle. Non. Elle entrait dans leur jeu, mais ne jouerait que tant que cela lui apporterait quelque chose. Elle jouait pour gagner, après tout. Et lorsqu'elle aurait appris tout ce dont elle avait besoin, elle abattrait ses cartes et leur montrerait que, depuis le début, c'était elle qui les manipulait, et non le contraire. Pour l'instant elle avait besoin d'eux. Mais dès que ce besoin sera assouvi, dès que sa revenge sera accomplie, elle partirait. Oui, elle partirait. Elle rentrerait chez elle. Elle retrouverait Will et Meg, et elle se disputerait avec Grand-mère pour l'avoir mis de force dans cet avion avant de laisser tomber le masque et de lui sourire.

Mais pour l'instant, elle devait le garder, son masque. Pour l'instant elle devait faire comme si devenir espionne était réellement ce qu'elle voulait. Comme si elle allait leur obéir. Comme si ils allaient réussir à la modeler, à la manipuler, à faire d'elle une espionne.

Ca, elle pouvait le faire.

Elle errait dans le parc depuis une dizaine de minutes quand elle apperçut une silhouette assise dans l'herbe, sa robe blanche se démarquant de l'herbe verte dans la pénombre du soir. Elle reconnut Ciara-June, une fille qui dormait dans la chambre à côté de celle qu'elle partageai avec Ezra. C'était la seule personne sur le campus à posséder une telle chevelure. Curieuse, car elle ne l'avait pas vue au refectoire, elle s'approcha.
Après tout, autant essayer de bien m'entendre avec les personnes qui devront un jour protéger mes arrières... même si, si je me souviens bien, Ciara-June faisait plutôt parti du groupe anti-école d'espion...

Une fois arrivée à la hauteur de la jeune femme, elle se laissa tomber dans l'herbe à côté d'elle, jouant machinalement avec les dog tags qui pendaient à son cou.

- Hey. Ciara-June, c'est ça? Moi c'est Raven.

Et elle lui tendit la main avec une ébauche de sourire.
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Ciara-June H. O'Kelly

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MessageSujet: Re: (libre) « Les fils ne savent pas que leurs mères sont mortelles. »   Dim 22 Mai - 14:28

Il y avait quelqu'un derrière elle, les bruissements étaient ceux de pas. Ce ne fut que lorsque la personne se laissa tomber au sol que l'Irlandaise se retourna. Elle avait face à elle une jeune fille, peut-être un peu plus jeune qu'elle, mais de peu. Son visage lui disait vaguement quelque chose, elle avait dû l'apercevoir au cours de la journée, mais Ciara n'aurait su dire quoique ce soit à propos de l'inconnue. La jeune fille en revanche avait retenu son prénom, ce qui étonna la rousse. Et quelques temps elle ne sut si elle devait s'en vouloir de ne s'être pas souvenue que la personne qui lui faisait face se prénommait Raven.
Un peu surprise, elle sera la main de l'adolescente, n'ayant pas vraiment l'habitude ce geste. En fait, elle salua les gens verbalement, voire d'un geste de tête, mais pas plus. Certes, quand elle était très attachée à certaines personnes, il lui arrivait de sauter au cou de son ami(e) dès qu'elle le ou la voyait, mais cela n'était valable que pour les personnes de qui elle était très proche.
Ciara-June répondit au sourire de Raven en faisant de même. Il faisait nuit et elle ne pouvait réellement se rendre compte de la personne qu'était la jeune fille, mais les rayons lunaires étaient suffisamment lumineux pour qu'elles puissent se voir correctement et déterminer jusque la couleur des cheveux.
C'était étrange, une rencontre, ici, en pleine nuit, face à un lac aux reflets argenté. À tout dire, Raven était la première personne que la harpiste rencontrait véritablement or, elle ne se serait pas le moins du monde attendue à ce quelqu'un vienne en cet endroit à une heure pareille. Mais soit. L'inconnue n'avait pas l'air méchant et elle ne voyait pas pourquoi elle la repousserait. C'était le premier jour, ou plutôt la première nuit, et elle n'avait pas même l'envie d'être hostile.


« Oui, Ciara-June, c'est bien cela. »

E
lle souriait toujours, et puis, détournant son regard de la brune, elle porta ses yeux vers la voûte étoilée. Alors, Heather se laissa aller au sol, et s'allongea, les bras légèrement écartés du long de son corps.
La pianiste n'avait pas fait attention aux gens de sa classe. Ni même aux gens en général. Ainsi, il était tout à fait possible qu'elle n'ait pas le moindre souvenir précis au sujet de Raven. Si elle pouvait nommer et donner un visage – quoique l'image fût imprécise – à ses colocataires, Claire et Tatiana, elle n'aurait su reconnaître personne d'autre. Cette journée avait été éprouvante et elle s'était appliquée à répondre aux attentes des enseignants, bien que devenir un agent secret ne soit pas dans ses projets. Elle n'aimait pas négliger les tâches qu'on lui assignait.
Le ciel s'étendait à perte de vue. Elle respira. Comment était-il en Irlande ? Et à Londres ? Heathcliff devait dormir à cette heure. Elle aurait aimé être lui, tous deux allongés côte à côté, à regarder le ciel. Tout simplement faire cela. Elle ne pouvait s'occuper de lui apprendre à vivre, elle voulait au moins lui transmettre la vie, telle qu'elle-même la vivait, telle qu'elle-même l'estimait. Et l'aider à trouver sa façon à lui de la vivre, tout faire pour qu'il ne se contente pas d'y assister, sauf s'il pensait que cela n'était vraiment pas nécessaire. Ciara n'appréciait pas juger. Elle s'était fait la promesse de respecter chacun des choix Heathcliff. De le guider au mieux, dans ce qu'elle jugeait être « bon », mais de lui laisser une marge suffisamment importante pour qu'il décide lui-même.
Si la jeune femme était parfois prise d'un dégoût, à l'idée d'être, à vingt ans, mère, et ce depuis quatre ans, elle aimait Heathcliff, et elle n'aurait permis à personne de lui faire du mal. Elle ne pouvait être auprès de lui chaque jour, et ce n'était que pendant ses vacances qu'elle avait l'occasion d'être sa mère, de lui apprendre comment manger, de lui dire qu'il ne fallait pas toucher aux flammes des gazinières, de faire attention aux voitures. Le reste du temps, les femmes de l'institution s'en occupaient, et Ciara regrettait parfois de ne pouvoir être à leur place. Alors, dès qu'elle le pouvait, elle allait voir Heathcliff et prenait soin de lui, chacune des secondes qui la laissait à ses côtés. Ne pas le voir pendant un an serait dur, malgré toutes les crises qui la prenaient de temps à autre, reniant et aimant tour à tour son fils. Elle comptait lui écrire, mais elle ne savait pas si elle pourrait lui téléphoner. Heathcliff était trop jeune pour savoir écrire, et il n'était pas question que quelqu'un le fasse à sa place, aussi le seul moyen pour lui parler était le téléphone mais ici, à Riverdale Camp, comment cela se passerait ? Il ne lui semblait pas qu'ils bénéficieraient de vacances, ou du moins pas à l'extérieur de l'école, et Ciara se demandait s'ils auraient la possibilité de joindre les gens qu'ils voulaient. De plus, si elle téléphonait à son fils, il y avait un risque qu'on le découvre et cela, elle ne voulait pas. Elle avait suffisamment supporté les regards de certains Londoniens, elle ne voulait pas être jugée dans cette école, persuadée que certains n'en finiraient pas délier leur langue.
Admirant le ciel, les yeux rivés vers les étoiles, elle demanda subitement à Raven :


« Qui de la poule ou de l'œuf est arrivé en premier, selon toi ? »

E
lle avait lu un livre, petite. Qui traitait exactement de ce sujet. Depuis, elle s'interrogeait et s'amusait à émettre des hypothèses et, surtout, à questionner toutes les personnes qu'elle pouvait. La réaction des gens quand elle leur demandait cela ne cessait de l'amuser et elle ne s'en lassait pas.
June aurait pu demander n'importe quoi d'autre. D'où Raven venait, quel âge avait-elle, de quel instrument jouait-elle, si elle avait des frères ou sœurs, ce qu'elle pensait de l'école, d'être aux Etats-Unis, ce qu'elle aurait voulu faire, au lieu d'être agent secret… Tout un tas de questions que n'importe qui aurait posé. Mais pas Ciara-June. Parce qu'elle ne voulait pas aborder ces sujets, pas maintenant, pas ici, pas sous ce ciel. C'était comme un autre temps, comme un endroit en parallèle des autres. Être là en pleine nuit, c'était reposant, et elle n'avait pas l'intention de réfléchir et dire tout ce que, le lendemain, elle serait obligée de confesser, toutes ces questions qui n'en finiraient pas de venir sur toutes les lèvres les premiers jours, le temps que chacun se connaisse, s'apprivoise, se fasse une idée des uns, des autres, tourne le dos à un groupe, ouvre les bras à un autre. Pas là. Il faisait nuit, la lune étincelait, les étoiles brillaient, le lac était parcouru de quelques sursauts, ajoutant au murmure des végétaux le son clair de ses eaux, qui étaient de temps en temps transpercés par le cri d'un oiseau. Non, pas là. Demain, mais pas là. Elle était venue ici dans le but d'être au calme, de se reposer, seule aussi, mais soit, quelqu'un était venu, et en ce cas, il fallait au moins respecter la tranquillité que conférait le lac.

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MessageSujet: Re: (libre) « Les fils ne savent pas que leurs mères sont mortelles. »   Dim 22 Mai - 17:19

« Qui de la poule ou de l'œuf est arrivé en premier, selon toi ? »

Raven sourit, bien qu'un peu surprise par la question. Là où d'autres auraient demandé d'où elle venait, quel âge elle avait, ce genre de choses, Ciara-June avait posé une question totalement inattendue. Elle réfléchit quelques secondes, avant de répondre, un petit sourire toujours accroché aux lèvres parce que cette question était tellement Chris que ca ne pouvait que la faire sourire.

Chris lui manquait, lui manquait énormément. Plus que ses grands-parents. Autant que Will et Meg. Chris était la bouée qui la maintenait à la surface en même temps que l'ancre qui l'empêchait de dériver. Ils n'avaient jamais été séparés aussi longtemps, et être loin de lui était douloureux. Très douloureux.

Il ne fallait pas qu'elle pense à Chris. Pas maintenant, pas tout de suite, pas encore. Après. Quand elle serait seule. Quand personne ne pourra la voir pleurer.

- Je crois que c'est un cercle sans fin qui se répète encore et encore, à l'infini...

C'est ce qu'elle avait répondu à Chris, la fois où il lui avait posé une question similaire, et il avait souri.

"Qui était là en premier, du phénix ou de la flamme, selon toi?"
"Je crois que c'est un cercle sans fin, qui se répète encore, et encore, à l'infini..."


Elle réprima la bouffée de nostalgie qui l'envahissait et posa elle-même une question, les yeux perdus dans les étoiles...

- Selon toi, que deviennent les étoiles qui meurent?

Elle aimait les étoiles, Raven, depuis qu'elle était toute petite. Sa mère la prenait sur ses genoux les soirs d'automne et lui montrait les étoiles, lui apprenait leurs noms. Il y avait Sirius, l'étoile du chien, Vénus, l'étoile du berger, et puis la grande ourse et la petite ourse, et tellement d'autres encore...

Elle regarda Ciara-June, allongée dans l'herbe, forme blanche sur l'herbe sombre, pâle et apparemment frèle, comme si un coup de vent pourrait l'emporter, mais pourtant là, résistant à toutes les forces contraires.

Puis ses yeux retournèrent se perdre dans les étoiles si lointaines, et pourtant si proches...
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MessageSujet: Re: (libre) « Les fils ne savent pas que leurs mères sont mortelles. »   Ven 3 Juin - 23:50

Ciara aussi avait souri en entendant la réponse de la jeune fille, comme Chris l'avait fait avant elle. Un cercle sans fin qui se répète encore et encore, à l'infini… Oui, pourquoi pas ? Mais qui ? Qui est arrivé en premier ? L'adolescente élargit son sourire à ses pensées, son interrogation l'amusait elle-même. Pauvre petite fille, était-il possible qu'après tant d'années elle continue à se poser cette question ? Il fallait qu'elle pense à ne pas en parler à Heathcliff. Ou peut-être que si, justement. Après tout… Cela n'avait rien de malsain et l'avait beaucoup occupée lorsqu'elle s'ennuyait… Ou bien angoissait. Son sourire flotta encore quelques instants sur son visage, lorsque les paroles de Raven parvinrent à ses oreilles.
Les étoiles… Ciara-June respira tout en levant le regard vers la voûte céleste. Dans cet endroit isolé, qui était bien moins pollué que d'autres villes des Etats-Unis, les étoiles étaient visibles, mais pas autant qu'elles ne l'étaient dans les contrées reculées du Connemara. Lorsqu'elles meurent… Lorsqu'elles meurent les étoiles deviennent de la poussière, semblable à celles des fées, et elle s'immisce dans les esprits des enfants pour leur souffler d'agréables songes, mais, lorsqu'elles parviennent aux adultes, elles leurs murmurent des rêves, pour que même devenus grands, ils continuent, le jour, à s'émerveiller de la magie que créent les légendes, comme les histoires du Petit Peuple que l'on conte le soir venu aux enfants…


« L'une de ces histoires dit qu'il y a, dans le monde du Petit Peuple, des Leprechauns. Ces êtres sont apparentés à des Lutins, qui, autrefois, éteint vêtus de rouge, mais depuis que les humains ont découvert toutes sortes de technologies, ils ont changé de vêtements et se parent désormais de vert. On les appelle ainsi car ce sont des « faiseurs d'un seul soulier », ils confectionnent ceux des chatoyantes fées et se promènent dans les forêts avec un chaudron magique rempli d'or, semant sur leur chemin non pas de pièces mais une belle mélodie, car leurs doigts s'agitent autour d'une flûte et ils la diffusent partout où ils vont. On dit qu'ils déposent de l'ananas sur les balcons de ceux qui sont méritants, et que c'est signe de chance. »

C
'est ce qu'elle a conté à son fils, un soir. Cependant, à Raven, elle ne confia que la première partie de son récit, la seconde ne lui étant absolument pas adressée, du moins pas en ces termes exacts et pas pour le moment. Puisqu'elle ne se lassait de plonger dans le merveilleux Irlandais, elle en parlait également à loisir.
La harpiste se releva, avec toute l'élégance dont peut faire preuve une jeune fille en serre-taille et qui est habituée à porter des corsets, aussi fût-ce plutôt gracieux, et elle se redressa, croisant pour la première fois le regard de Raven à la même hauteur.
Elle ne savait pas si elle parviendrait à trouver sa place en Amérique. Tout était tellement différent de l'Irlande, et même de l'Angleterre. Certes, ce n'était pas New York, mais l'atmosphère était si différente… Il y avait un elle ne savait quoi de brusque dans l'air, de militaire, et elle se sentait oppressée. Ciara ignorait si c'était dû à leur enseignement tout juste commencé qui les préparait en vue d'un cloisonnement sentimental dans le but d'être de parfaits automates ambulants – c'était ainsi qu'elle le voyait – ou s'il s'agissait tout simplement de l'environnement du pays, mais elle ne se sentait pas à l'aise. Enfermée. Incapable d'esquisser un geste avec une réelle liberté. D'ordinaire, on avait l'impression que Ciara virevoltait quand elle marchait et que ses sourires étaient une ronde, une ronde musicale qui entraînaient et procuraient de fugaces mais très vifs instants de joie. Il semblait que chacun de ses pas l'amenait loin, comme si elle s'était envolée, et l'air à ses côtés sentait la liberté et la verdoyante Nature, qui à tout moment pouvait se lever et s'avérer redoutable, mais aussi bien être une délicieuse farceuse. Ayant grandit dans le folklore Irlandais, elle s'en était imprégnée et c'était comme si l'Irlande vivait un peu en elle, comme elle vivait en chacun de Irlandais qui baignaient dans tout cet univers chimérique que l'on prêtait à la terre d'émeraude. Mais ici… Ici elle avançait non pas comme sur du cristal mais comme sur un terrain rocailleux, aux pierres taillées comme des silex, et ses mouvements étaient bien moins éthérés, comme étouffés par une chape de plomb, qui les entraverait. Personne de Riverdale Camp n'était en mesure de s'e apercevoir, puisque personne ne l'avait connue avant. Mais peut-être Ciara finirait-elle par ne plus supporter tout ce confinement et… Exploser. Déchaîner toute sa fureur, comme le vent se lèverait et agiterait les tornades, comme l'océan se soulèverait et élèverait ses vagues, comme la terre tremblerait et se déchirerait, comme le ciel s'assombrirait et cracherait toute sa colère en des éclairs aveuglants. Elle était capable de se contenir, bien sûr. En fait, Ciara-June était quelqu'un d'extrêmement calme. La voir énervée… Cela tenait du miracle. Mais entraver sa liberté n'était pas quelque chose à faire. Pas avec elle. Elle avait besoin de courir le long de plaines et sentir le vent fouetter son visage, comme si des ailes allaient lui pousser dans le dos et l'emmener dans le ciel. Elle avait besoin aussi de la chaleur du gaélique, de la musique, du souffle des pierres, de tant encore qu'on ne trouve que sur l'île verte.
La jeune fille n'était en Amérique que depuis peu de temps et déjà elle se sentait oppressée, comment serait-elle au terme de cette semaine ?
Alors elle respira, et elle regarda le ciel, et sourit. Parce que ce soir était calme et que la Nature bruissait autour d'elle. Peut-être était-elle ridicule, sûrement la trouverait-on stupide, à tant se préoccuper des herbes et des écorces, mais elle y était réellement attachée et croyait véritablement en un lien particulier entre les hommes et le naturel. Tant pis pour ceux qui s'en moqueraient, elle y croyait et se défendrait, bec et ongles. Ainsi calma-t-elle le manque qui naissait en elle. Heather parvint à sourire et, se tournant vers Raven, elle lui demanda, sans nulle trace de contrariété dans sa voix :


« Et toi, que penses-tu que les étoiles deviennent quand elles meurent ? »

P
enser à autre chose, à des mirages, des songes, du merveilleux, mais pas à tout ce qui les attendait dans l'année à venir, non, pas cela… De la quiétude, par pitié, de la quiétude… Et qu'on la laisse venir ici le soir. Oh ! Elle ne savait réellement pas si elle supporterait autrement. Masquer ses émotions ne lui posait aucun problème, elle y était habituée depuis d'années déjà, entre son père et son alcoolisme, sa noyade à elle, qu'elle avait appris sagement à ne plus montrer ce qu'elle ne jugeait pas utile de manifester et par ailleurs, cela était donné à plus de gens qu'on y croyait, la jeune fille était même sûre que chacun ici excellait tout autant en cet art, mais ne pas pouvoir respirer… Ne pas pouvoir respirer… Cela lui était impossible. Or, pour respirer, elle avait besoin d'espace, de liberté. Mais certainement pas d'un environnement régulé à la seconde, qui demandait une précision extrême pour le but de servir un pays qui n'était pas le sien. Mais, soit ! Ne pas y penser ce soir.
Ne voyant d'autre solution, elle se laissa de nouveau tomber au sol, tout en douceur, afin de calmer son cœur affolé quelque peu par ses pensées diverses.
Et puis, à quelques kilomètres de là, dans un Londres sombre, elle savait qu'un enfant dormait et que de la poussière d'étoile lui soufflait d'agréables songes, aussi se dessina sur son visage de porcelaine un très léger sourire, comme un battement d'ailes…

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MessageSujet: Re: (libre) « Les fils ne savent pas que leurs mères sont mortelles. »   Dim 5 Juin - 20:11

- Lorsqu'elles meurent… Lorsqu'elles meurent les étoiles deviennent de la poussière, semblable à celles des fées, et elle s'immisce dans les esprits des enfants pour leur souffler d'agréables songes, mais, lorsqu'elles parviennent aux adultes, elles leurs murmurent des rêves, pour que même devenus grands, ils continuent, le jour, à s'émerveiller de la magie que créent les légendes, comme les histoires du Petit Peuple que l'on conte le soir venu aux enfants…

Ciara parlait, et sa voix était nostalgique. Raven devinait sans peine que son Irelande natale lui manquait.
Elle sourit cependant en entendant la réponse de la rousse. Réponse très poétique, et qui lui plaisait beaucoup, d'ailleurs.

La rousse semblait perdue dans ses pensées. Elle s'était redressée légèrement, et, pour la première fois depuis le début de la conversation, avait regardé Raven droit dans les yeux.

« Et toi, que penses-tu que les étoiles deviennent quand elles meurent ? »

La question avait été posée après quelques minutes de silence, et la harpiste s'était laissé retomber sur l'herbe.
Raven sourit.

- Une étoile qui meurt... une étoile qui meurt devient un rêve qui vit, murmura-t-elle, le regard perdu dans la nuit.

Elle repensait à la Californie de ses grands-parents. Le ciel était différent là-bas. Elle repensait à New-York, la ville où elle avait grandi, la ville qui l'avait vu naître, et où il était pratiquement impossible de voir les étoiles. Elle repensait à ses parents, qui avaient pris l'habitude, quand son père était en permission, de les emmener un peu partout en Amérique, souvent, à la demande de sa mère, dans des endroits importants pour les différentes tribus amérindiennes - Navajo et Miwok en particulier. Elle repensait aux soirées passées à contempler le ciel, son père lui expliquant comment retrouver son chemin grâce aux étoiles, sa mère lui racontant les légendes qui les entouraient...

Anaba Jones, même si elle avait fait ses études à New York et fait sa vie là-bas, avait conservé des liens très étroits avec ses origines. Elle s'arrangeait pour pouvoir assister aux fêtes amérindiennes les plus importantes, et emmenait souvent Raven et William avec elle. Au cours des huits mois qui s'écoulèrent entre la naissance de Meghan et la mort de leur mère, elle avait intensifié ses visites à la réserve, emmenant systématiquement les enfants avec elle.

Pour Raven aussi, la culture amérindienne jouait un rôle très important - pas qu'elle le montre constamment, mais au plus profond d'elle-même, une part de son être croyait dur comme fer aux esprits de la nature. Elle le savait, et n'en avait pas honte. Au contraire. Elle savait que le jour où elle perdrait cette partie d'elle-même serait le jour où elle cesserait d'être Raven Sitala Leiland-Jones pour ne devenir qu'une ombre parmis tant d'autres.

John Leiland était très différent de sa compagne. Ses parents étaient morts alors qu'il n'avait que sept ans, fauchés par un chauffard ivre. Il avait grandi dans des foyers et des familles d'accueil, et n'était sorti du système qu'à sa majorité. Bien que bon élève, il ne se voyait pas devenir banquier ou avocat, et avait choisi de s'engager dans les marines. Selon ses propres mots " C'est la deuxième meilleure décision que j'ai prise de ma vie. La première étant de demander à Anaba de sortir avec moi." Désabusé par les religions, il vivait cependant, comme tout les vrais marines, selon le motto "Semper Fi".
Ironiquement, cette devise lui avait valu un énorme savon de la part de sa femme quand "Semper Fi" furent les premiers mots à passer les lèvres de Raven, alors âgée d'un an et demi. Anaba n'avait pas apprécié que sa fille soit déjà, subtilement, endoctrinée. Elle s'inquiètait déjà suffisament pour John chaque fois qu'il partait, elle ne voulait pas devoir ajouter de l'inquiètude pour sa vie à tout cela.
Raven était relativement sûre que, si sa mère pouvait la voir maintenant, elle se prendrait l'engueulade du siècle.

Elle reporta son attention sur Ciara. La jeune femme semblait perdue dans ses pensées, tout comme elle. Si elles étaient dans un film ou dans une série télé, il y aurait probablement une musique de fond.

Mais c'était la vraie vie - même si leur situation semblait sortir tout droit d'un film hollywoodien - et le principal problème de la vraie vie, c'était l'abscence de musique de fond.

Avec cela en tête, elle tira son occarina de la besace qui l'accompagnait éternellement et commenca à jouer doucement, un air simple, mais beau.

Une offrande aux étoiles.
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MessageSujet: Re: (libre) « Les fils ne savent pas que leurs mères sont mortelles. »   Sam 18 Juin - 21:39

Elle venait de s'allonger lorsque Raven lui répondit. La jeune Irlandaise sourit aussi à la réponse, tout autant poétique, de la jeune fille brune. Un rêve qui vit... Oui. C'était ce qu'elle avait dit à Heathcliff, en somme. Que les étoiles viennent murmurer aux esprits les songes de la nuit pour les enfants et, aux plus grands, elles leurs soufflent à l'oreille quelques rêves éthérés, pour qu'ils puissent, encore, savoir se perdre dans les étoiles et tournoyer sous la pluie. Donner des fondations aux châteaux qu'ils avaient, enfants, construits dans les nuages. Afin de pouvoir y monter, et atteindre la poussière séraphique, quelques instants de bonheur, qui en sont immortels.
Les yeux vers le ciel étoilé, elle pensait toujours à son fils. Jamais Ciara-June n'aurait cru que ce serait aussi difficile d'être loin de lui, sans possibilité aucune de le rejoindre pendant quelques semaines ou rien que quelques jours. À vrai dire, elle en avait déjà mal au cœur. Cela faisait un mois qu'elle ne l'avait plus vu, parce qu'elle n'avait pas eu la possibilité de se rendre à Londres avant d'entrer à Riverdale Camp. Aussi, fût-ce le premier jour en cette étrange école, elle n'avait pas vu Heathcliff depuis une trentaine de jours, et combien les mères savent que trente jours sont une éternité. Elle lui avait écrit la semaine dernière. Elle lui écrivait encore en ce soir. Et ne doutait pas qu'elle ne tarderait pas à réitérer cet acte d'écriture dans quelques jours. Les lettres, c'était une douce illusion. On avait l'impression, en s'adressant à la personne, que l'on était avec elle, et combien c'était doux lorsque des kilomètres nous séparaient ! Finalement, on ne désirait plus terminer cette lettre, pour écrire encore, et par ce moyen, encore être avec la personne, un peu plus rapproché. Oh, il ne savait pas bien lire. Mais ce n'était pas grave. Son père, à elle, venait le voir et alors, il lui lisait les lettres que Ciara lui envoyait. Et, petite à petit, Heahtcliff apprenait quelques mots, quelques lettres. Il n'était pas surdoué, loin de là. Mais il avait plus de contact que les autres enfants avec les mots, aussi s'y intéressait-il d'avantage, d'autant que c'était un des moyens les plus fréquents par lequel Ciara s'exprimait quand elle ne pouvait être auprès de lui. Ce n'était rien de plus que par une plus grande fréquentation des lettres que les autres.
Mais Heather devait penser à autre chose et cesser de revenir sans cesse à l'enfant. S'attacher à se concentrer sur ce nouvel environnement était sûrement la meilleure chose à faire, même si elle honnissait l'idée d'y porter attention. Ce jour, elle s'était simplement laissée porter de cours en cours, sans regarder véritablement ce qui l'entourait, suivant, faisant, mais amèrement. Elle n'avait pas voulu être attentive, parce qu'elle avait en travers de la gorge cette histoire d'espion. Comment voulaient-ils partir sur de bonnes bases alors que la première chose qu'ils apprenaient ici était un mensonge ? Un énorme mensonge, qui bouleversait des vies. Auquel on ne pouvait échapper. Riverdale Camp s'apparentait à une prison dorée, à défaut qu'elle était sûrement d'or massif, mais vieilli. Aussi n'avait-elle fait aucun effort particulier, ni envers eux, ni envers ses camarades. Elle n'avait pas été impolie. Elle n'avait pas été irrespectueuse. Elle n'avait pas été froide. Elle n'avait pas été désagréable. Mais elle n'avait pris aucun plaisir à être là où elle se trouvait. Ciara-June était venue ici en pensant pouvoir accéder à un enseignement supérieur en musique. L'Irlande s'était dit qu'elle pourrait faire de plus grandes progressions en musique, pour, ensuite, vivre de sa passion. Au lieu de quoi, on lui apprenait qu'elle devrait jouer les automates vingt quatre sur vingt quatre et risquer sa vie volontairement pour les États-Unis ! Mais pour qui se prenaient-ils ? Sous prétexte que sur leur casquette, il y avait inscrit « C.I.A », ils pensaient avoir du prestige et de la valeur dans le cœur de tous, jusqu'à y faire pousser l'admiration et même l'aveugle admiration, afin de donner aux esprits le rêve d'être espion au service de cette « grande nation » que sont les « États-Unis » ?! Que c'était le rêve de tout un chacun, de vivre aux USA et de contribuer en secret au pays, partageant des mystères qu'eux seuls connaîtraient, manipuleraient ? Qu'ils voudraient tous se la jouer à la James Bond ? Par ailleurs, elle ne pensait pas un seul instant que le métier d'agent secret était représenté en tout bien tout honneur par ces films. Elle en doutait, fortement. Parce que James Bond n'était rien d'autre qu'un héros de films et qu'avant d'être un héros, on était un larbin. L'héroïsme, ça pouvait arriver, soit rapidement, avec de la chance, soit bien plus tard, et ça ne servait qu'à avoir les plus grandes portes des hôtels ouverts. Et de toute façon, rares étaient les espions célèbres, puisque c'était avant tout un métier où le secret et le silence envers le reste du monde étaient des mots clés. Alors, non. Pour elle, ce n'était ni James Bond, ni la gloire. Pas d'étoiles dans les yeux quand elle entendait parler de la C.I.A, pas de frémissements à l'idée de devenir espionne, pas de sauts de joie en se disant qu'elle pourrait sauver… Et sauver quoi, au fait ? Des vies ? Des documents officiels ? Des bateaux ? Elle devrait, elle, consacrer sa vie entière à sauver des papiers noircis d'encre, parce qu'ils contenaient d'« importantes informations » et que s'ils tombaient entre les mains d'autres pays, gens, ils risquaient de mettre en danger la graaaande nation des États-Unis ? Honnêtement, elle n'en avait rien à faire. Qu'ils jouent à pierre-papier-ciseau s'ils le voulaient, elle, elle désirait donner de la vie et emporter dans un autre univers avec sa musique. Elle voulait créer un ailleurs qui l'espace de quelques morceaux transporterait les gens dans ces contrées, et leur ferait oublier le reste, découvrir autre chose. Discuter manigances, complots, traques, caches, plans, ce n'était pas pour elle. Elle ne voulait pas être discrète et attaquer, elle voulait s'effacer et transporter. Ne faire plus qu'un avec sa musique, pour la transmettre, pleinement, transmettre toutes les émotions qu'elle avait à transmettre, jusqu'à ce qu'un univers en surgisse, et évade l'auditoire. Être libre-arbitre de sa vie, non pas dictée par un supérieur.


Ciara-June ne savait pas encore ce qu'elle pensait de John Bailey. Elle ne l'avait pas rencontré, sauf le jour où il leur avait tout dévoilé. Pour le moment, elle ne le comprenait absolument pas : pourquoi prendre des personnes d'autres pays pour venir servir les Etats-Unis ? De plus, elle se doutait qu'ils avaient étudié leurs vies. Sinon, ils ne seraient pas là. C'étaient eux et personne d'autre. Des élèves sélectionnés, pour elle ne savait quoi. Et Heather s'interrogeait bien sur le pourquoi. Que faisait-elle, elle, ici ? Et quel était ce John Bailey qui avait emmené une mère étudier le métier d'espion, qui pouvait lui coûter la vie à chaque seconde ? Oh, certes ! On pouvait mourir à tout moment. Mais ce n'était pas la même chose. Être espion, c'était être conscient de cela. Quand on vivait, on n'y pensait pas. On pouvait avoir peur de la vieillesse, peur de la mort, mais on n'en était pas conscient. Un agent secret savait qu'il s'exposait à tout moment au risque d'une balle perdue – ou non. Alors pourquoi avait-il décidé que Ciara-June O'Kelly, déjà mère à vingt ans, fasse partie de leur groupe ? Elle n'avait pas le profil ! Ou ne voyait pas en quoi elle l'avait. À moins qu'elle l'ait justement parce qu'elle ne l'avait pas ? Assez. C'était stupide. Le choix du directeur la laissait perplexe, et elle n'aurait su dire si elle le portait en son cœur ou si elle le détestait. Elle y était plutôt indifférente, bien que ressentant un peu de fiel. Au fil des jours, elle se forgerait sûrement une opinion. Mais pas avant de le connaître, elle avait en horreur les préjugés. Ce n'est pas qu'elle pensait pouvoir connaître en long en large et en travers monsieur Bailey, c'était simplement qu'on finissait toujours par avoir vent des mœurs de chacun en vivant jour après jour ensemble, d'autant plus dans ce genre d'école. L'étendue de sa personnalité se mesurerait aux décisions qu'il prendrait et évènements qu'il organiserait, ainsi que par ses sanctions et mesures. Pour le moment, on ne pouvait juger, hormis sur l'énorme mensonge qui, déjà, ne présentait pas sous un bon angle la chose, du moins pour la rousse.

Un air de musique s'éleva lentement dans l'air, avec la délicatesse du vol d'un oiseau, la douce clarté des clapotis de l'eau. Il filait vers le ciel, plongeait l'obscurité dans une atmosphère comme ondoyante, on aurait pu croire que des papillons faisaient bruisser leurs ailes tout autour. C'était une musique reposante et agréable, qui faisait ressortir l'étrange caractère de cette nuit. Sur l'herbe, l'Irlandaise sourit. Le son de l'ocarina n'était pas commun, elle avait rarement vu leurs instrumentistes, et c'était un délicieux plaisir que d'en entendre la mélopée, là, juste à ses côtés. Elle aurait voulu accompagner cette mélodie de sa harpe, mais elle était bien loin du lac, sur lequel la lune continuait de se refléter, le teintant d'argent, créant ainsi une atmosphère définitivement fantasmagorique. Le cœur de June battait calmement et son esprit était apaisé. Cependant le morceau prit fin, et seuls l'agitation du lac, porté par le vent, ainsi que quelques chants d'oiseaux nocturnes, répondirent au chant mystique de l'instrument.
La pianiste se redressa une seconde fois et rencontra de nouveau le visage de Raven.


« Voilà longtemps que je n'avais pas entendu d'ocarina. Et je n'avais jamais rencontré quelqu'un qui en joue. J'en avais presque oublié le son… »

E
lle se tut quelques secondes, un léger sourire aux lèvres, comme pour confirmer le fait qu'elle avait apprécié.
Le soir s'assombrissait de plus en plus. Regardant sa montre, elle s'aperçut qu'il se faisait tard. Si elles restaient ici, elles auraient tôt fait de se faire remarquer et alors, dès le premier jour, elles seraient inscrites en tête de liste noire. Remarquez, Ciara y voyait là un avantage : peut-être serait-elle ainsi exclue. Oh, oui. Faire des bêtises pour être exclue ! Non ? Si l'école ne lui plaisait vraiment pas, il était possible qu'elle envisage cela, bien qu'elle n'ait jamais eu de tel comportement de sa vie. Mais avec l'obscurité arrivait le froid et les arbres s'agitaient de plus en plus sous la force du vent. Elle ne comptait pas tomber malade, cela, non.


« Peut-être devrions-nous rentrer. Qu'en dis-tu ? »

L
a jeune Irlandaise avait toujours son léger sourire, qui ne la quittait presque jamais, quoiqu'il fût même plus épanoui en journée.

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MessageSujet: Re: (libre) « Les fils ne savent pas que leurs mères sont mortelles. »   Mar 28 Juin - 18:06

Les doigts de Raven courraient sur l’ocarina, en tirant une douce mélopée qui s'élevait vers le ciel et vers les étoiles. Ses yeux étaient clos, comme pour mieux se perdre dans sa musique. Mais toutes les bonnes choses ont une fin, et bientôt, trop tôt au goût de la jeune fille, le morceau se termina et elle rouvrit les yeux.
La voix de Ciara brisa le court silence qui s'était installé. La rousse s'était redressée et avait tourné son regard vers l'Amérindienne.

« Voilà longtemps que je n'avais pas entendu d'ocarina. Et je n'avais jamais rencontré quelqu'un qui en joue. J'en avais presque oublié le son… »

Elle se tut quelques secondes, un léger sourire aux lèvres, comme pour confirmer le fait qu'elle avait apprécié. Raven lui rendit son sourire. Oui, l’ocarina n'était pas un instrument commun, mais cela ne la dérangeait pas. C'était une part d'elle depuis si longtemps qu'elle ne pouvait imaginer ne plus pouvoir en jouer.
Ciara reprit la parole après avoir consulté sa montre.

« Peut-être devrions-nous rentrer. Qu'en dis-tu ? »

La brune jeta un regard au ciel, puis à sa montre pour confirmer ses soupçons. Presque vingt-et-une heure, l'heure du couvre-feu. Si elles ne voulaient pas se faire punir dès la première semaine de cours, il serait bon qu'elles regagnent leurs dortoirs, en effet. Mais elle peinait à trouver la motivation nécessaire pour quitter les alentours du lac et aller s'enfermer dans une chambre qu'elle partageait avec deux autres filles - Autumn et Ezra. Ezra qu'elle n'avait toujours pas eu l'occasion de rencontrer, d'ailleurs...

Avec un soupir, elle prit appui sur ses mains pour se redresser.

- J'en dis que si on ne veut pas se faire passer un savon pour avoir dépassé le couvre-feu, il va effectivement falloir qu'on rentre...

Grommellant contre les règles stupides, elle se leva. Ils avaient tous entre 17 et 22 ans, et on leur imposait un COUVRE-FEU, de toutes les choses possibles et imaginables? Même Grand-mère ne lui imposait plus de couvre-feu, sauf lorsqu'elle était punie (et même dans ces cas-là, c'était tellement simple de faire le mur...). Elle avait la désagréable impression de se retrouver dans un internat de collégiens... et en plus, cette fois, il n'y avait pas de Chris avec qui faire les 400 coups pour dissiper son ennui et se venger des règles absurdes. Quoi que... Il y avait ce garçon, Matt, qu'elle avait croisé au foyer. Certes, il l'avait royalement ignorée, mais il y avait quelque chose qui émanait de ce garçon, quelque chose d'étrange, quelque chose d'intriguant, mais aussi quelque chose d'excitant et d'amusant. Peut-être qu'il serait intéressant de faire plus ample connaissance avec lui...

Elle revint à la réalité et épousseta son jeans noir avant de rabaisser les manches de son sweat-shirt gris sur lequel trônait en lettres bleues foncées la devise des Marines.

Semper Fi.

Garde toujours confiance.


Elle se tourna vers l'irlandaise.

- Tu viens? Tu es dans la chambre à côté de la mienne, non?
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MessageSujet: Re: (libre) « Les fils ne savent pas que leurs mères sont mortelles. »   Sam 16 Juil - 18:44

Rien ne servait plus de rester là, il leur fallait rentrer et aller se coucher, avant qu'on ne les prenne à errer trop longtemps au dehors. Un couve-feu, à leurs âges, c'était absolument stupide. Mais après tout, la majorité n'étaient pas majeurs, puisqu'aux Etats-Unis la majorité s'acquérait –en général – à vingt et un ans. En Irlande, elle était majeure depuis deux ans déjà mais ici, c'était bien différent. Les lois changeaient et ils étaient contraints de s'y adapter. Cependant, ils étaient matures, et en tant que futurs espions, on avait dû les juger responsables : alors pourquoi un couvre-feu si tôt ? Certes, les cours étaient épuisants et astreignants, mais il leur fallait bien se détendre. Cela dit, Ciara-June n'y pouvait rien, l'Irlandaise n'était qu'une simple élève.

Elle aurait bien aimé accompagner Raven avec sa tin whistle, mais elle l'avait laissée dans le dortoir, avec toutes ses affaires. Demain arriverait suffisamment tôt cependant, et les cours de musique reprendraient. Du moins, l'espérait-elle. Le peu qu'il leur restait d'heures musicales était un bonheur éphémère, mais vivace, et la rousse s'y accrochait désespérément. C'était là quelques miettes restées collées à de la glace, quelques miettes d'un rêve qui violemment s'effritait, laissant deviner des ombres peu encourageantes, aux profils de mystères, de secrets, de doubles vies, combats, services. Ciara-June n'avait aucun service à rendre aux USA. C'était ce qu'elle se répétait. Elle n'avait aucun service à leur rendre. Aussi était-ce d'une détermination farouche qu'elle se concentrait uniquement sur les notes de musiques qu'elle aurait le droit de créer, et s'appliquait-elle à faire tout juste ce qu'il fallait dès qu'il s'agissait d'espionnage. Le mieux était qu'ils ne pouvaient les renvoyer. Car c'était la CIA elle-même qui était venue les chercher. Mais cela n'en faisait pas moins un piège vicieux pour les élèves.

Raven s'était levée, Heather fit de même. Soupirant à son tour, elle jeta un regard vers le ciel étoilé et laissa le vent la chatouiller une dernière fois. Il était temps de rentrer, oui, malheureusement…

« Allons-y. »

R
ésignée, elle ne quittait pas moins le calme de ce soir avec déchirement. C'était l'arracher à sa tranquillité, au peu de liberté qu'elle était parvenue à trouver dans un endroit où elle se sentait entravée, étriquée, et la douleur était terriblement forte.
Ciara ne se souvenait pas être près de la chambre de Raven, n'y ayant pas fait attention, mais puisque la brune le disait… Elle hocha la tête.
Toutes se dirigèrent ainsi vers les dortoirs, l'Irlandaise entra dans sa chambre après avoir adressé un sourire à Raven.
Il leur fallait dormir. Même si la jeune fille ne le voulait pas, pour ne pas avoir à se réveiller. Mais c'était trop tard. Le lendemain allait arriver, inévitable.


[Je suis désolée... Ce post est atroce... >w<]

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